Mignonne allons voir si la rose
Qui ce matin avait desclose
Sa crotte moulée aux waters
A point perdu ceste vesprée
Le parfum de sa robe maculée
Et son grouillant peuple de vers…
Votre langue est désormais rompue aux filandreux méandres du baiser, vos lèvres se sont frottées à la chair suintante de maint fion accueillant, votre bouche s’est gorgée de foutre grumeleux, votre soif est désormais étanchée mais c’est la faim qui vous tenaille ? Las des bouillons et des nectars, la nécessité de quelque nourriture plus substantielle se fait sentir. C’est là un besoin naturel et sain auquel il vous faut remédier. Heureusement Messaline, votre charitable et dévouée maîtresse, vous livre le secret d’une recette ancestrale…Epluchez les lignes du regard et buvez les mots, gorgez-vous de plaisir autant que d’excréments. Messaline vous souhaite une agréable dégustation…
Faire éclore le bouton de rose…
Les affolants relents excrémentiels vous écoeurent, vous fermez les yeux mais impossible de refouler ces effluves qui agressent vos parois nasales de leur âcre senteur. Vous commencez par tâter la cavité étroite, vous l’effleurez du doigt (dont vous aurez préalablement humecté la surface, en bon élève de Messaline), vous enfoncez délicatement votre phalange dans le conduit bourbeux mais vous sentez sous vos ongles se constituer une épaisse et odorante écaille. Pas de panique ! Faîtes taire ces dégoûts de pucelle en bourgeon et considérez le gain de votre labeur. Un goût inhabituel sur la langue, certes, que vous dissiperez aisément en la plongeant dans la bouche du bénéficiaire : le flot de salive vous rafraîchira la bouche et dissipera l’âpreté gustative. Faire éclore les pétales de l’anus, ouvrir les pans de sa robe chocolatée, trouver le sésame de la porte Sphinctoriale, tel est l’objectif de notre séance. Quand vous l’aurez atteint, ce sera pour vous le moment de goûter aux délices de la sodomie, vous pourrez introduire aisément votre massif lance-foutre dans son étui le plus élégant et lui faire revêtir ce costume cintré qu’il avait toujours rêvé de ceindre…A vous le merveilleux Eden, les ondulations vallonnées du Royaume de Sodomie, le limon du Nil, ses profondeurs hantées de spectres fantastiques, ses reliefs sphériques, ses contours ondoyants…Mais le chemin qui mène au noyau atomique est semé d’embûches…Soucieux de protéger le ténébreux enclos de leur gestation, les dames Colombines, ont semé moult mines terreuses. Elles explosent sous l’assaut de la langue et dégagent ensuite les effluves soufrées de leurs composantes naturelles.
Quant à vous, femelles, ceinturée d’un lance-foutre artificiel, vous aurez tout le loisir d’explorer, sans souiller votre derme génital, le plasma caverneux des fœtus de Colombines.
Pour faciliter votre descente et découvrir plus aisément la Spéléologie anatomique, vous aurez pris le soin de déverser quelque filet de bave à l’entrée de l’anus. Pour vous femelles qui usez de la manufacture pour subvenir à votre atrophie congénitale, introduisez dans le doux enclos de vos lèvres (inférieures !) le péni de plastique et ne le ressortez qu’une fois ruisselant.
Sus au Sphincter !
L’évocation des délices de Sodome vous fait venir l’eau aux lèvres, vous êtes empli d’une solide motivation et bien prêt à surmonter les affres de la chambre gazeuse. Vos narines ont cessé leurs entêtants signaux, votre doigt tout crotté caresse doucement le fragile rouage du coffret à bijoux, vous ne rechignez plus à l’humecter de votre langue. Le charme a fait effet et pourtant…le plus dur reste à faire, les délicats pétales ne s’entrouvrent pas à qui veut et recèlent jalousement leur moelleux bourgeon. Voici trois bottes secrètes pour venir à bout de leur résistance. La première consiste à laper doucement le derme rose, dans un sens puis dans un autre. Augmenter la pression de la langue, écrasez-là et tapissez les parois anales de salive lubrifiante. Formez un couvercle de votre langue, imaginez une ventouse dont la glue entraverait la fuite d’un gaz toxique. Alternez glissements de langue et succions ; faîtes vous ensuite plus offensif et intensifiez la violence de l’assaut. Percutez l’orifice de votre bélier lingual, gavez-le de salive puis assenez lui le coup fatal. Pour ce faire, tendez votre langue et introduisez là, raide et pointée. Faîtes vous serpent et crachez votre venin dilatateur dans le réceptacle embaumé. Le glaive de chair rouge et rigide doit venir perforer les plus résistantes croûtes. Bravo ! La voie est libre…Messaline vous accompagnera dans vos explorations futures, ceci fera l’objet d’un autre chapitres…
Précautions d’usage : gare aux épines de la rose !
Pour ceux dont la mie ou le mâle souffre de coliques frénétiques et (ou) récurrentes, l’usage d’une vieille brosse à dent aux poils souples enduite de savon de Marseille et de margarine peut s’avérer utile. Utilisez-là en complément de votre langue voire avant la percée de celle-ci, ce peut-être un écuyer fort précieux dans la bataille qui s’ouvre à vous. Quant aux amateurs de mousse cacaotée ils s’en passeront…
Il existe dans le commerce certaine protection de bouche vulgairement appelées « digue dentaire ». Celle-ci est aux dents ce que la fameuse « capote » est au lance-foutre, un pagne plastifié dont vous pourrez faire usage si le terrain des affrontements est envahi de vers ou de teigneux parasites. Ne négligez pas ce bouclier léger, les oeufs du ténia détériorent l’haleine…N’oubliez pas que la rose attire en sa corolle moult parasites épineux dont il vous faudra prémunir. A bon entendeur…Ave !
Messaline de Merteuil,
Pour vous servir.